Août 2021

01/08/2021

L-O-U
Transformées
classic rock – 59:46 – Belgique ’21
Entre deux albums des Names, groupe à la réputation établie de la scène originelle post-punk bruxelloise, Marc Deprez travaille chaque jour une de ses (nombreuses) guitares et s’attelle à revisiter les musiques d’artistes qui l’ont profondément influencé. L-O-U, son nouveau groupe pour lequel il a rassemblé Mike Florida (batterie), Jean Castin (basse) et David Devos (claviers), aborde, avec la fraîcheur et un brin de la candeur chère à Jonathan Richman – une autre des idoles du guitariste, à qui il rend hommage au travers de son projet Mifasol Lasido – une bonne quinzaine des chansons de Lou Reed (de là le nom), traduites et adaptées – un peu à la manière dont Hughes Aufray (en français) ou Boudewijn De Groot (en néerlandais) contribuaient, dans les années 1960, à faire connaître Bob Dylan au public non anglophone et non rock. On voyage ainsi de morceaux rock à la guitare râpeuse à des ballades aux arrangements de piano soignés, de «Le Cœur Rock 'n' Roll» («Rock And Roll Heart») à «Un Tour De l’Autre Côté» («Walk On The Wild Side»), en passant par «Dimanche Matin» («Sunday Morning») ou «Tes Yeux Bleu Pâle» («Pale Blue Eyes»), – deux de mes préférées. Sous un angle original, L-O-U offre un éclairage sur un musicien qui, avec le Velvet Underground, mena sur la Côte Est, la révolution que Jefferson Airplane ou les Doors conduisaient alors sur la Côte Ouest américaine.
Auguste
(album non disponible sur Bandcamp, mais bien sur SoundCloud)

https://soundcloud.com/marcttm

02/08/2021

Cody Carpenter
Memories and Dreams
jazz rock/fusion – 46:15 – USA ‘21
Après «Interdependence» (2018), «Force of Nature» (2019) et «Control» (2020), Cody repique la veine pour nous concocter cet excellent album où la section rythmique omniprésente assied sa redoutable efficacité. Une basse ronflante roule les galets de la batterie cascadant ses notes avec une hallucinante habileté ciselée par Jimmy Branly, Scott Seiver et Virgil Donati (le sublime «Kindness of the Goddess» pour témoin). Les claviers et la guitare, Cody s’en sert avec une habileté consommée. Les notes colorent des corolles harmoniques qui mènent une danse effrénée d’énergie pure, se reposant çà et là en brefs moments atmosphériques («Depth») pour mieux repartir en rythmes accélérés époustouflants. Synthé nerveux constellé de pétillements incisifs, toucher d’expert éclatant «qui tue» («Sleight of Hand»). Le jeu de basse prend le relais pour seconder des envolées où se marient six cordes et claviers. «Oppression» est un pur festival mélodique, une partition hallucinante qui nous scotche au plafond en quatre minutes d’un intense bonheur. Le jeu d’orgue suivant («Brave the Living Labyrinth») prend une légère coloration ELP en intro avant le ressac Carpenter en quelques notes répétitives où s’épousent encore les sons synthétiques et ceux d’un Hammond caracolant en fond rythmique pour revenir ensuite en phrasé emersonien. Dialogue infernal entre une basse atomique et un jeu de clavier survitaminé pour «Slag of Heart», miroir aux reflets de Stanley Clarke ou Billy Cobham. «The Grind» donne le coup de grâce, apothéose absolument parfaite où tous les instruments dialoguent pour évoquer John McLaughlin et laisser l’auditeur pantois. Une véritable perle!
Clavius Reticulus
https://ludrium.bandcamp.com/album/memories-and-dreams

https://www.youtube.com/watch?v=c4RP4x3EaI4

03/08/2021

Richard Barbieri
Under a spell
ambient prog – 49:28 – UK ‘21
J'avoue que c'est le premier album de Richard Barbieri que j'écoute. Album solo, car bien sûr j'ai eu une période Japan, et, plus tard, Porcupine Tree ne m'a pas laissé indifférent! Cet album est plus près de ce qu'il faisait avec Japan pour ce qui est du climat général. Sans la voix et les mots de David Sylvian, sans texte non plus. Grâce à une superbe mise en son, captivants sont les sons captés. Ce voyage peut commencer en écoutant simplement chaque texture proposée par ce docteur es-synthés. Et insensiblement on n'en reste pas là, on se laisse emporter par les mélodies épurées, enrichies parfois d'une trompette du regretté Jon Hassell quand il travaillait avec Brian Eno, (car il y a un peu de Eno, dans cette manière de proposer des sons qui amènent à la mélodie «Sleep will find you»).
Jon Hassell est donc décédé ce 26 Juin à 84 ans de causes naturelles. Mais en 54 ans de carrière, outre Eno, il a aussi joué du Stockhausen, participé au 1er enregistrement de «In C» de Terry Riley. Dans les ’70 il jouait des râgas à la trompette, dans les années ’80 il participe au «Remain in Light» de Talking Heads, encore avec Eno. Puis, apôtre d’une musique «world», il en vient à Womad de Peter Gabriel et participe à la musique de «La Dernière Tentation du Christ» de Scorsese. Il a joué encore avec Tears for fears («The Seeds of Love»), Ry cooder, Jackson Browne, les Polyphonies Corses, Ibrahim Ferrer et David Sylvian qui nous ramène ainsi à Richard Barbieri qui sur le titre «Flare2» laisse la trompette à Luca Calabrese (Isildurs Bane). Au palmarès, Percy Jones (ex-Soft Machine et Brand X) à la basse fretless sur «Serpentine», morceau sur lequel il est bien difficile de reconnaître la voix de Steve Hogarth (Marillion), car ce disque est uniquement instrumental, voix comprises! Ailleurs la basse est tenue par Axel Crone avec ses compères d'Isildurs Bane, Kjell Severinsso à la batterie et Klas Assarsson au vibraphone.
C'est donc un album à écouter religieusement, au casque ou sur une chaîne hifi, pour bénéficier de l'intégralité de l'œuvre, à défaut, c'est aussi un album de rêverie on peut y être facilement «under a spell».
Cicero 3.14
https://kscopemusic.bandcamp.com/album/under-a-spell

https://www.youtube.com/watch?v=cu2W-gEeKPs

04/08/2021

Airbag
Identity
prog mélodique – 54:38 – Norvège ’09 (Remaster ’21)
Difficile pour moi de vous donner une idée précise de la qualité de ce remaster 2021 par Jacob Holm-Lupo car la «version démo» reçue par Prog censor est en MP3-320Kbps. D’après ce que j’ai pu percevoir après écoute comparative attentive, l’album qui sonnait déjà très bien dans sa version de 2009 a (ou plutôt «aurait» – je reste prudent dans mon analyse) perdu un peu de niveau (dB) et bénéficié d’un mixage qui recentre la voix et la place légèrement plus en avant, libérant ainsi de l’espace latéral pour les instruments et conférant plus d’ampleur à la scène sonore. Quelques différences encore dans la sonorité de la batterie (intro de «Safe Like You»), une basse plus présente par-ci, plus de brillance par-là, mais je n’entends rien qui transfigure radicalement la version de 2009. L’amateur de mixages multicanaux (que je suis) aurait apprécié une version 5.1 plus audacieuse. Les pistes s’y prêtaient idéalement. Mais bon, le grand retour du vinyle en a décidé autrement: «Identity» restera donc à jamais… stéréophonique.
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle édition est un excellent prétexte pour (re)découvrir un album de belle facture, séduisant, bien inspiré, mais un peu trop lisse et lent à mon goût et qui peine à se démarquer de ses modèles. Mes titres préférés sont «Colours» pour son côté acoustique, «Steal My Soul» pour son solo de guitare et «Sound That I Hear» pour son intro au piano.
Cet intéressant retour en arrière dans la carrière de Bjørn Riis nous rappelle le chemin parcouru par l’artiste et la façon dont il a défini et affirmé son propre style au fil de ses productions.
Vivestido
https://airbagsound.bandcamp.com/album/identity

https://www.youtube.com/watch?v=AJWj1KeloBQ

05/08/2021

Robin & the Woods
Moonfall
jazz-rock progressif – 53:28 – France ‘21
Je ne bouge plus du Sud, décidément. Cette fois, c’est de Bordeaux que nous viennent Robin & the Woods, quintette qui a tout compris, assimilé, digéré et rendu (non, ce n’est pas Ultra Vomit!) du vrai bon jazz rock progressif. Ensoleillé, technique, créatif, «Moonfall», second album des Girondins, s’il me rappelle les grandes heures d’un Pat Metheny ou, près de chez nous, d’un Sixun, hybride et croise avec une certaine classe son jazz rock à notre cher bon vieux rock progressif, celui de King Crimson comme par hasard. Plus atmosphériques que teigneuses, les plus belles envolées de saxo tenor s’enchâssent avec un vrai bonheur dans de vibrantes partitions de guitare électrique et de basse grondante. Neuf compositions qui auraient trouvé leur place dans la grande époque du genre, entre 75 et 79, quand les Spheroe, Zao, Chute Libre et autres nous enivraient de cette sublime fusion entre jazz et rock. Comme eux, Robin & the Woods navigue sur un océan abandonné par les grands navires mais leur esquif ne demande qu’à gonfler les voiles et ravir les amateurs de ce genre on ne peut plus à la croisée des chemins, aussi bien musicalement qu’en terme de notoriété. Il y a plus de créativité dans un album comme «Moonfall» que dans dix rondelles de néo prog mais ce jugement n’est pas forcément instructif. On retrouve dans cet album tout un pan musical qui nous (moi y compris) faisait nous sentir plus intelligents que des auditeurs moyens de Genesis et Pink Floyd (que j’étais aussi, bien entendu!). Que voulez-vous, le jazz rock est une musique particulière qui contraint à s’imprégner plus que de coutume dans l’univers proposé. Alors oui, Robin & the Woods offre tous les arguments nécessaires au retour de ces sensations sublimées au-delà d’une joute de saxo, d’une flûte palpitante, d’une basse bien arrondie, d’une guitare déterminée et d’une batterie qui fait plus que tenir le rythme! Comme souvent, avec «Moonfall», je ne peux mettre en exergue un morceau plus qu’un autre, toujours cette perception qui me fait m’imprégner globalement de l’œuvre. Le plus bel opus de jazz-rock progressif que j’ai pu écouter depuis bien longtemps, tout simplement, rien à rajouter!
Commode
https://robinandthewoods.bandcamp.com/album/moonfall

https://www.youtube.com/watch?v=vT7oyOMVWTg

06/08/2021

Isobar
Isobar
rock progressif instrumental – 65’48 – USA ‘20
Isobar (Isobar Music) est un nouveau trio de progressif instrumental en provenance de San José en Californie. Il est composé de Jim Anderson à la basse, Malcolm Smith aux guitares et Marc Spooner aux claviers. Tous trois ont également fait partie du groupe Metaphor, ce ne sont par conséquent pas des perdreaux de l’année. Notons toutefois la participation de quelques invités, parmi lesquels Matt Olsson (Änglagård, White Willow) à la batterie, Evan Weiss et Lonnie Cory aux trompettes ainsi que Ben Bohorquez et Tony Abena aux saxophones. Le combo nous présente une musique purement instrumentale, d’une complexité très travaillée tout en développant une mélodicité enchanteresse. «Weekend of Mammals» nous entraîne, via son rythme sautillant et ses guitares virevoltantes, vers un progressif inventif. Sur «Control Mouse», les trompettes entrent en jeu et dialoguent avec les claviers que l’on pourrait croire, par instants, être un xylophone. Un orgue aux sons traditionnels fait son apparition sur «Major Matt Mason». Comme son titre l’indique, «Off the A6» calme quelque peu le jeu, sans pour autant se révéler soporifique. Quelques effets jazzy s’installent sur «Dinky Planet». Non, aucun rapport avec les petites voitures que vous collectionniez enfants. Plus loin, «New Math» présente des côtés presque pop, ce qui n’est nullement déplaisant. «79¢» débute telle une mini symphonie pour se poursuivre de manière plus conventionnelle. Belle partie de piano sur «Dinner Ain’t Ready», sans aucune référence à un souper qui, lui, serait servi. Le prologue de la longue pièce «AP Alchemy» me donne l’impression d’être joué sur un clavinet, finalement rejoint par la batterie et la guitare. Superbes enchaînements de plusieurs ambiances au sein de ce titre, y compris un beau passage à la trompette. Au final, une œuvre à écouter et dont il faut se laisser imprégner afin d’en profiter au maximum.
Tibère
https://isobarprog.bandcamp.com/album/isobar

https://www.youtube.com/watch?v=iupey7xDbzo

07/08/2021

Immortal Onion
Ausfahrt XD
XD Experience Design

nu jazz – 24:01/39:54 – Pologne ‘21/’20
Voici un trio polonais qui nous vient de Gdansk. Fidèle à la formule basse/batterie/piano (claviers), ce groupe à tête chercheuse, formé en 2016, a déjà produit trois albums, dont un live et quelques singles. Cette année, ils lancent un EP, «Ausfahrt», avec quelques plages enregistrées en public et la réécriture d’un morceau qui apparaît sur leur deuxième album, de 2020, «XD Experience Design».
La musique entre difficilement dans les étiquettes consacrées et ce qui semble le plus adéquat est de les intégrer dans ce contexte très large regroupé sous le vocable “nu jazz”. Pour être plus précis, la musique se situe aux confins de différents genres.
D’une part, on y trouve une indéniable veine prog, avec changements rythmiques et développements harmoniques variés. À cela s’ajoute une source d’inspiration résolument minimaliste et on se prend à évoquer certains thèmes du Soft Machine «6» ou également quelques compositions de notre Wim Mertens national, avec ou sans Soft Verdict. Les rythmiques peuvent s’envoler pour nous emmener également dans des ambiances à la Squarepusher avec batterie jungle et relents d’électronique en nappes (toujours avec ces thèmes répétitifs). Vient ensuite une couche plus jazz dans les mouvements swinguants, et certains moments plus improvisés.
L'EP de 2021, «Ausfahrt», contient un peu plus d’éléments électroniques que l’album de 2020, «XD Experience Design», un peu plus proche du jazz. Mais il s’agit là de nuances relativement légères. On retrouvera une inspiration mélodique présente dans les deux œuvres et cette même recherche dans les changements qui les caractérise.
En tout, un groupe qui mérite que vous vous y intéressiez, si vous aimez les découvertes un peu en dehors des sentiers battus... Écoutez la plage d’ouverture de l’album, «Eye Tracking». Ce morceau vous donnera une bonne idée de ce qui vous attend à l’écoute de Immortal Onion.
Lucius Venturini
https://immortalonion.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=EKp4g9TJrH4

08/08/2021 : Heavy Prog

08/08/2021 ProgCensor Heavy prog

Teramaze

Sorella Minore
métal prog symphonique – 40:43 – Australie ‘21
Teramaze est le groupe de métal progressif australien formé en 1993, ça commence à causer, qui fait une suite à leur album de 2015, «Her Halo»; je les ai connus avec celui de 2014 amorçant un véritable virage dans leur son. Il y a du Queenrÿche, Vanden Plas, Pyramaze, Anubis Gate dans ce son; des Pretty Maids, Dream Theater, Tool et Karnivool aussi. Fini le thrash du début, le métal prog fruité, néo et mélodique coule bien dorénavant dans leurs veines.
«Sorella Minore» pour le titre éponyme de 25 minutes qui déboule: du Teramaze soft loin de leurs débuts, j’y retrouve du Kamelot rien que pour la voix de Dean et des breaks incisifs; un piano à l’entrée, une power ballade lourde, harmonique, une épopée qui se met en branle, la part belle à Dean; un peu de la folie des Helloween aussi. On attend et vers les 6 minutes, un break acoustique suivi d’un solo guitare gilmourien qui t’arrache les oreilles; digression progressive d’un coup qui t’envoie en dehors du temps, puis un growl, vous savez un assaut métal grognant, un riff qui gicle puis le refrain mélo qui revient; 13 min et ça fuse avec la part belle aux synthés; un peu plus de 16 et ça ralentit, atmosphère latente, toujours la voix remplie d’émotion puis des voix off et des chœurs, le tout mélangé avec une rythmique d’enfer, atmosphère mélodique qui te propulsent à plus de 23 min, là où les nappes de claviers t’achèvent; voix haute, plaintive, acoustique; la dernière minute avec cette voix de vieux qui te fait pleurer, et tu te dis «Mais putain qu’est ce que c’est bon». Des accalmies, des breaks, des séquences répétitives progressives tout simplement et une rythmique solide entourée de voix.
«Stone» pour la ballade qui tue, voix à la Roy de Kamelot; titre métal FM au refrain imparable, ça tempère en attendant le solo jouissif, celui qui fera fondre ta blonde sur tes épaules.
«Take Your Shot» revient avec un rythme nerveux, plus dans l’empreinte musicale du groupe; prends la photo en instantané de ce qu’un groupe thash a pu faire évoluer l’art musical avec l’âge; rapide mais mélodique et le petit break ambiant qui va avec et le solo fluide.
«Between These Shadows» pour la ballade mélancolique de fin traitant de la séparation, ça tombe bien en fait; air qui coule, gras, oppressif, avec la voix et les chœurs en avant vu le manque d’amour.
Teramaze a sorti un album de 3 chansons lorgnant sur le hard FM et une pépite baignant dans l’art musical sans concession, une main enfoncée dans la prise de courant. Teramaze n’invente rien mais transcende ce que vous avez de meilleur dans vos souvenirs musicaux. Teramaze vient de jeter une perle juste avec son titre éponyme, téléchargeable aussi en instrumental pour 10 secondes de bonheur en plus.
Brutus
teramaze.bandcamp.com/album/sorella-minore

https://www.youtube.com/watch?v=HfkIXQvM2i0

Bastian Per

Way Back Home
métal progressif/rock – 56:00 – Argentine ‘21
Bastian Per est le projet de Sebastian Prosperi, fan des Dream Theater au point d’y inviter Derek Sherinian. Des problèmes mondiaux en toile de fond et un questionnement sur notre futur (allez relire «Ecclésiastes 8:14»), le message implicite de la pochette vous donne un aperçu de leur message; ce concept enchaîne des titres donnant une saveur forte à la musique progressive metal.
«A Better World» soft, plante le décor, voix Labrie à n’en pas douter et «Overture» sur une superbe... ouverture instrumentale avec batterie, synthé et le solo de guitare, Dream Theater n’a qu’à bien se tenir; la composition est grandiloquente, progressive. «Defeat Device» sur un air nerveux, arrière Deep Purple pour l’orgue, Rush pour la rythmique, final fermier et «The Lonely Shepherd» suit par un titre en deux temps, ballade puis montée sur un son plus lourd, break instru; feu qui crépite et «Through the Fires» sur un synthé chaleureux, air qui décolle avec riff pesant; le solo guitare AOR, un air heavy métal guitar hero bien présent. «Seize the Day» pour l’interlude piano, la ballade romantique chœurs en arrière, voix-off et solo qui tue, bref, un îlot musical.
«Deadly Virus» virus dans l’air; phrasé doux à Labrie mais on a bien la voix de Mariano, titre intéressant. «The Mystery Behind» survient avec riff à la Jethro Tull dénotant puis ça part sur un air léché mi-voix, mi-orchestral aérien. «The Safe Place» pour la déclinaison piano-voix qui monte un temps entre la ballade et le slow envoûtant jusqu’aux voix finales; «Greatness Delirium» arrive pur moment de clavier sherinianien secondé dans un second temps par Sebastian; enchaînement avec «Way Back Home» morceau épique melting pot, rythmique, solos, voix à la ‘The Trial’ des Floyds, notes à Damian Wilson, resolo Hammond, grandiloquent. «Divine Device» vient terminer cet opus en enfonçant le clou sur les marqueurs du théâtre de rêve.
Bastian Per a lancé un pavé musical avec des pistes variées, orgue du temps, orchestration complexe remplie d’harmonies délicieuses et des refrains accrocheurs, proposant une palette musicale riche et fruitée. Un album qui ne propose pas de nouveauté métal progressive mais qui en joue très bien, à se jeter dessus.
Brutus
bastianper.bandcamp.com/album/way-back-home

https://www.youtube.com/channel/UC7qFt9acS74-W14kjIS9W3w

Devin Townsend

Galactic Quarantine – Devolution Series #2
metal – CD + Blu-ray – Canada ‘21
Les musos doivent faire preuve d’inventivité ces deux dernières années: les concerts étant interdits, advint l’ère du virtuel. Cette quarantaine galactique est à la fois un live et un «studio». Aux côtés de Maître Devin, Samuel Paulicelli III est aux fûts, Wes Hauch à la guitare et Liam Wilson à la basse. Un live parce que, entre juillet et septembre 2020, les artistes ont enregistré chacun de leur côté des sessions dans diverses parties du monde et un «studio» parce que Devin a orchestré le tout pour concocter un «faux» concert sans public ajouté, pas même en audio «off». Il a utilisé des écrans verts et des animations 3D pour un résultat très contestable que l’on pourra visionner sur le Blu-ray de cette édition limitée. Contestable parce que, si le décor cosmique et l’animation 3D des plateformes spatiales sont réussies, les désagréables flashes omniprésents de ce qui semble être des spots rotatifs gâchent complètement le visuel. Et en fin de compte il s’agit plus d’un long clip que d’un concert, même si Devin lance des vannes et présente son groupe comme s’il avait une foule devant lui. Ce qui est pour le moins grotesque puisque pas de répondant. Il eût été plus judicieux d’utiliser le support Blu-ray pour une version audio multicanale. La liste des titres puise dans les standards de Devin issus de «Ziltoid», «Empath», «Ocean Machine», «The Retinal Circus» e.a. et revisite ceux de Strapping Young Lad (SYL) qu’il forma en 1994 et a dissous en 2007 pour entamer une carrière solo: «Velvet Kevorkian», «Almost Again» et «Detox» e.a. Ne cherchez pas trop de moments d’accalmie, c’est du très lourd servi par une section rythmique le plus souvent «mitraillette» et les cordes vocales de Devin, mises à rude épreuve! Deuxième volet de la série «Devolution» créée pour cette longue période de quarantaine et de confinement, il se démarque complètement du premier «Acoustically inclined – Live at Leeds» qui était, lui, de tout repos.
Clavius Reticulus
Album non disponible sur Bandcamp.

https://www.youtube.com/watch?v=4rOhiHLPT9Q

Egor Lappo

Trancevoicer
métal prog/AOR 80 – 41:59 – Russie ‘21
Déjà trois albums pour Egor Lappo qui nous propose une nouvelle fois un album influencé par la science-fiction et le hard rock des années 80, avec un zeste de prog/new wave chère à cette époque. C’est kitsch comme un candidat des pays de l’Est perdu à l’Eurovision en 2021… Quoique perdu en parlant de l’Eurovision…
Notez que c’est bien joué, faussement simple et accessible, mais je ne peux que sourire du son désuet des claviers et des mélodies aux swings de mes années de collège.
Le chant est moyen et visiblement Egor, comme en son temps le chanteur de Scorpions, Klaus Meine, peine à se débarrasser de son accent slave ajoutant une touche exotique à l’ensemble. La production est, elle, au top, ce qui rend, en définitive, agréable l’écoute de cet album.
Ce n’est pas le pire opus de l’année… si vous avez encore du budget.
Tiro
https://egorlappo.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=GKP09IjWxzc

Trope

Eleutheromania
métal alternatif – 37:18 – USA ‘21
Trope est un jeune groupe américain fondé en 2016. Après quelques démos, ils sortent leur véritable premier album «Eleutheromania». Trope nous offre un album de métal prog alternatif facile d'écoute, avec un son à l'américaine, bourré d'énergie. Un groupe style fin années 90 début 2000. Le groupe a été découvert notamment par King's X qui leur propose la première partie de leur tournée américaine avant que le covid vienne bloquer le monde entier. À n'en pas douter, nous les retrouverons pour ouvrir les grands festivals autour de la planète. Mike Fraser (ACDC, Metallica) leur propose d'enregistrer l'album: David Bottrill (Tool, Peter Gabriel) et Ted Jensen (Halestorm, Stone Temple Pilots) seront respectivement conseillé et responsable du mix final. Rien que ça… Au milieu de l'album vient une très bonne reprise de «Shout de Tears For Fears». Diana Studenberg assure au chant; on pense entendre du Evanescence. J'y retrouve également les influences de Soundgarden, Defstones, Alter Bridge et Alice in Chains. Un très bon album qui ne va pas révolutionner le monde de la musique mais, à fond en voiture lors d'un road trip ou entre amis devant un bbq, il trouvera largement sa place et vous fera passer un bon moment.
Vespasien
https://tropeband.bandcamp.com/album/eleutheromania

https://www.youtube.com/watch?v=aNNBsZ06gSA

09/08/2021

Bad Dreams
Frozen Heart
néo-prog – 44:29 – Argentine ‘20
Quatrième album en cinq ans pour les Argentins de Bad Dreams (Bad Dreams Band). Dans sa mouture actuelle, le groupe est constitué de Matías Pereyra au chant, Jorge Tenesini aux claviers, Alejandro Calvera à la basse, Ariel Trifunoff aux guitares (le solo sur la plage titulaire est dû au doigté d’Osvaldo Zabala) et Fernando Cornejo à la batterie. Nos joyeux compères se font aider d’un saxophone (Jamison Smeltz) sur un titre, tandis que les chœurs sont assurés par Patricia Pacheco ou par Marina Valor. À l’origine, ils ont débuté en tant que groupe de reprises de Genesis, mais rassurez-vous, même si cette influence reste perceptible par endroits, Bad Dreams sait également faire montre de son originalité propre.
Après quelques bruitages divers, un bandonéon nous accueille sur «My Mind in the Cage», très vite suivi par des ambiances de tango argentin (fatalement!). Que voilà quelque chose d’intéressant se dit déjà le chaland, d’autant que certains plans de guitare me font penser à Gentle Giant. La longue plage titulaire se révèle une mélopée langoureuse avec des chœurs éthérés dignes du meilleur Pink Floyd et vous invite à (re)conquérir votre chère et tendre. Le solo de guitare se fait lui aussi très aérien. «Red Moon» est un morceau plus classique dans sa conception et son exécution. Une entrée en matière planante, c’est ce qui nous attend sur «Black Wind» pour, au final, un titre au tempo plutôt enlevé et une mélodie qui me rappelle quelque chose que je n’arrive à nommer. Le plus court «The Great Escape from the Shadows» est l’occasion pour nous, auditeurs, de profiter de superbes parties de saxophone. Quelques notes égrenées au piano et voici que débute une chanson plus classique, «Joy is Your Name», où intervient, semble-t-il, un mellotron.
Un album intéressant malgré le fait que je regrette le manque d’audace créatrice, alors que l’entrée en matière était porteuse de tant d’espoir…
Tibère
Album non disponible sur Bandcamp

https://www.youtube.com/watch?v=8uZlgHvcXs4

10/08/2021

Genghis Tron
Dream weapon
art-rock/musique électronique – 45:31 – USA ‘21
En 2004, à Poughkeepsie, New York, États-Unis d'Amérique, trois potos de lycée, Mookie Singerman (clavier, chant), Michael Sochynsky (clavier, séquenceur) et Hamilton Jordan (guitare, séquenceur) ont eu l'idée saugrenue d'allier leurs univers musicaux pour former Genghis Tron.
Le résultat est assez déconcertant. Avant de sortir celui qui nous occupe aujourd'hui, la formation a publié deux albums: «Dead Mountain Mouth» (2006) et «Board Up The House» (2008). Le moins que l'on puisse dire sur ces deux enregistrements est qu'ils jouent à cache-cache avec nos certitudes, tant la production est avant-gardiste, atypique et furieusement iconoclaste. N'évitez pas le choc frontal. Au contraire, allez chercher les cornes du taureau, vous serez sonnés par tant des pirouettes auditives mais remplies d'expériences inespérées...
Pourtant si bien parti, comme après une tempête, le trio nous a laissés en silence radio pendant 13 ans. «Dream Weapon» est finalement sorti, sans trop se presser, en mars 2021 avec une nouvelle formation; exit Mookie Singerman et boîte à rythmes, welcome Tony Wolski (chant) et Nick Yacyshyn (batterie).
La pochette du disque a des allures de tanière de Superman, temple glacial et kryptonite.
Cet opus propose une cassure nette avec leur ancien style, il donne un franc coup de pied dans la fourmilière de leurs fans. Les dés ont été relancés.
Le tout sonne plutôt comme du Tangerine Dream, du Jan Hammer ou du Kraftwerk, tant l'utilisation du synthétiseur a littéralement empli les morceaux et constitue la colonne vertébrale de l'album.
«Great Mother» semble provenir du cerveau de John Carpenter; dès les premières notes de synthé, on aperçoit l'hélicoptère, on a repéré la «chose-chien» qui file vers la station enneigée. «Alone in the Heart of Light» aurait pu être choisi comme générique de «Stranger Things». La tension monte subrepticement, nous sommes envahis par le combo clavier/batterie. Ils se fraient un chemin dans le sillon l'un de l'autre.
C'est entendu, le clavier de Michael Sochynsky n'est pas seul maître à bord, le groupe peut aussi compter sur sa nouvelle botte secrète: Nick Yacyshyn, dont le jeu est autant lumineux que capiteux. «Dream Weapon» est le parfait exemple de sa virtuosité, à ne pas s'y tromper, cette "arme de rêve" est une mitraillette, tant le toucher sec claquant à répétition sur les fûts s'accapare toute l'audience.
Son toucher dans «Ritual Circle», tout en ascension, aurait très bien pu enrober la Ferrari Daytona de Don Johnson dans les rues de Miami.
Le point faible de l'album réside dans l'intervention de son chanteur. Si je ne suis pas fan des voix gutturales, on ne pouvait retirer à Mookie Singerman son empreinte teigneuse; à l'inverse, de l'autre côté du miroir en somme, son successeur Tony Wolski n'a pas ses poumons, sa voix ne dépasse jamais la rampe et pourrait bien être émise par les touches d'un ordinateur.
La guitare de Hamilton Jordan se fait bien trop discrète sur la plupart des morceaux, à croire qu'il est allé se faire un petit café dans les cuisines du studio, pendant que Yacyshyn et Sochynsky se tapent le job.
Techniquement, «Dream Weapon» a son lot de fulgurances, les partitions sont (un peu trop) léchées, sophistiquées, moelleuses et particulièrement (re)travaillées.
Pourtant, je n'ai pas eu les "poils". Une guitare plus présente et un chanteur plus "frontman" auraient pu le faire.
À ce stade, je vais garder leurs anciennes bandes pour référence.
Kaillus Gracchus
https://genghistron.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=tMS_Mvp8wjw

11/08/2021

Baro prog-jets
Utopie
rock progressif vintage – 51:04 – Italie ‘21
Baro prog-jets c'est principalement le multi-instrumentiste Alberto «Baro» Molesini. Pour son deuxième album, il est en duo avec Gigi Murari (batterie et percussions). Quelques musiciens viennent compléter le line-up: 2 guitaristes (M. Bassaglia et N. Rotta), T. Donato à la basse et P. Zanella au piano.
«Non sento» qui ouvre l'album est une chansonnette qui me permet de découvrir la voix de Baro. Et l'addition des deux me laisse perplexe à l'idée de passer presque une heure à chaque écoute de l'ensemble des 5 pistes qui composent l'album.
Heureusement, les 4 autres titres sont d'un tout autre niveau, même si la voix, elle, reste la même. Haute, parfois dans le registre de Ion Anderson, elle est le point faible de l'album, car les compositions sont très belles, guitare et chœurs dans un registre vintage principalement Yes. Ainsi «Utopia», en piste 2, poursuit sous des auspices bien plus prometteurs: exposition d'un thème, ruptures de rythmes, mélodies superposées, et des gimmicks à la guitare très Howe. C'est très enlevé avec l'énergie du Yes, époque Moraz. Les 15 minutes passent trop vite!
«Phase I» (6:14) démarre sur un ton plus énigmatique et syncopé mettant de nouveau en lumière les chœurs. Un piano jazzy un peu plus loin ne délivre pas les clés de ce morceau dont l'épaisseur augmente petit à petit et s'enchaîne, dans un break, à «Phase II», voix solo(~) et guitare frippienne qui tricote à toute vitesse, et nous voilà partis pour 10 minutes de la même qualité. Et «Runaway» clôt par 15 minutes de fuite dans les idées yessiennes, teintées Wakeman cette fois.
Même si l'on reste en pays vintage connu, l'itinéraire proposé en Utopie vaut la peine: prenez vos billets!
Cicero 3.14
https://maracashrecords.bandcamp.com/album/utopie

https://www.youtube.com/watch?v=W-9ZtDFFFto

12/08/2021

Alexandre Lamia
The Journey
guitare acoustique/voyage musical – 61:27 + 67:39 + 57:10 + 43:29 + 32:42 – France ‘21
Alexandre Lamia est le jeune musicien talentueux connu principalement comme membre de Nine Skies en tant que claviériste et guitariste; il vient ici offrir son univers musical sous plusieurs formes. Il a débuté en 2001, travaillé pour divers réalisateurs de courts-métrages et a sorti son 1er album en 2015. Cet album représente le pack complet de ses créations personnelles.
Il a réarrangé des titres du guitariste jazz-rock Al Di Meola sous 2 albums «Return to Renaissance I» et «Return to Renaissance II» pour un jazz acoustique manouche, orchestral, latin et sensuel. Des morceaux courts et chaleureux donnant le rythme jazzy, virevoltant avec la reprise d'«Eleanor Rigby» jouissive et le «Mediterranean Sundance» final tout en beauté. Pour le return II, place à la maîtrise de la guitare acoustique dont «Spain» est un bon exemple d’air affriolant.
Avec «Syberia», il a revisité l’univers du jeu du même nom avec pas moins de 28 morceaux, chacun vous permettant de rencontrer en rêve les personnages et les histoires tirés de la plume de Benoit Sokal. Un plus pour «Hans» et son spleen bouleversant, «Momo», «Alexei Diary» qui s’orientent sur une BOF.
Pour «We Will Be Safe», on part sur la world music orientale, voyage, atmosphère de bandes originales de film. 13 courts titres féeriques lorgnant aussi vers le Moyen-Orient, plus conceptuel.
Pour «Everseeking, everfeeling», c’est sur des territoires latents remplis de beauté intimiste et sidérale que vous êtes invités; le piano en est l’instrument angulaire avec un «Sparkles» post-rock immense et un «The Beautiful Collapse» majestueux.
2h20 de musique où la guitare acoustique est reine, musique orchestrale, jazzy, manouche, rêveuse, pour s’évader très agréablement ou méditer.
Brutus
alexandrelamiamusic.bandcamp.com

https://www.youtube.com/user/MrLightened

13/08/2021

Asia
The Reunion Albums boxset
rock progressif – coffret 5 CD – UK ‘21
En 2006, les quatre membres originaux d’Asia (Original Asia) (John Wetton, Steve Howe, Carl Palmer et Geoff Downes) se réunissent à nouveau en live pour célébrer le 25e anniversaire de la création du groupe dont le premier album éponyme, en 1982, fut l'un des albums les plus vendus au monde. Cette réunion donnera en 2007 l’album «Fantasia, Live in Tokyo» qui suscitera l’engouement des quatre fantastiques qui, dans la foulée, concrétiseront plus tard trois albums studio: «Phoenix» en 2008, «Omega» en 2010 et «XXX» en 2012.
À cette épopée qui durera 5 ans, de 2007 à 2012, le label BMG records décide aujourd’hui de rendre un ultime hommage en produisant un coffret de 5 CD comprenant les trois albums studio + le double live de Tokyo.
Carl Palmer déclarait au sujet de cette époque: «La chimie et l'énergie qui se dégagent lorsque nous travaillons tous les quatre se reflètent dans le nouveau matériel». Il est évident que le live, qui reprend à la fois les anciens classiques d’Asia mais aussi quelques perles des anciens groupes des musiciens, est une très belle carte de visite. Et les trois albums studios qui suivront sont en effet dans la lignée des premiers albums d’Asia. «Phoenix» est pour ainsi dire un clone des débuts du groupe, sans pour autant atteindre les mêmes sommets. Mais nous marchons là sur les empreintes de géants laissées par les quatre musiciens au début des années 80. «Omega», lui, se voudra un peu plus vitaminé, légèrement plus musclé et s’avérera finalement meilleur que son prédécesseur, en s’émancipant un peu du vieux modèle limite inatteignable. La bonne surprise sera «XXX» qui passera sans doute un peu inaperçu en 2012, mais qui, aujourd'hui, avec le temps, se révèle peut-être le meilleur des trois.
Un coffret de classe pour les fans, et même pour ceux qui, à l'époque, auraient snobé cette «réunion». Il n’est jamais trop tard…
Centurion
Albums non disponibles sur Bandcamp.

https://www.youtube.com/watch?v=U3cl_GFs_Ds&ab_channel=LongLiveRock%27n%27Roll%21

14/08/2021

Alwanzatar
Den Glemte Dalen
psyché/expérimental électronique krautien – 41:44 – Norvège ’21
«La Vallée Oubliée», en norvégien. Patchwork étonnant mêlant différents styles pour ce quatrième album inspiré d’un seul héros des légendes du Nord. Sa flûte aérienne, dans la plage d’ouverture, et les sonorités additionnelles de rythmes et d’ambiances synthétiques décomposées en miroitement d’échos qui glissent en trame de fond évoquent parfois ces groupes allemands déjantés que sont Witthüser und Westrupp et même Amon Düül II. Quelques simples notes donnent le ton et sautillent sur un trampoline cosmique, caressées par la flûte et quelques touches répétitives de claviers aux accents multiples. Le leitmotiv obsédant et mesmérisant se prolonge dans un second chapitre au phrasé des plus élagués qui adopte des séquences quasi berlin schooliennes tissées par un synthé pétillant comme du cava. La troisième phase se joue sur un mode expérimental kraut qui rejoint définitivement l’univers d’Amon Düül II dans ses partitions les plus folles transcendées par l’acidité corrosive des guitares et des claviers. Il n’est pas déplacé de penser aux délires excentriques de Zappa. Enchaînement par un retour électro expérimental doublé d’une flûte aux accents pastoraux aériens en phase alchimiquement parfaite. Rythmes tribaux, obsédants et hypnotiques. Interventions synthétiques robotoïdes, notes glacées comme les stalactites d’une caverne nordique. Les dernières minutes se font méditatives par quelques mesures cosmiques ombrées par une voix de synthèse inquiétante. Un trip des plus trompeusement fuligineux comme seule une alliance entre un Viking et un alien pouvait en créer.
Clavius Reticulus
https://alwanzatar.bandcamp.com/album/den-glemte-dalen

https://www.youtube.com/watch?v=B_9YOd9usTw&ab_channel=Alwanzatar-Topic

15/08/2021

Mt. Mountain
Centre
krautrock / rock psychédélique – 43:37 – Australie ’21
Sur ce quatrième album, signé en Europe, Mt. Mountain approche un peu plus encore son rock psychédélique d’un krautrock au son propre, lessivé par les eaux de l’Océan Indien qui baigne les plages de Perth, capitale de l'Australie-Occidentale, là où le fleuve Swan rejoint la côte sud-ouest, propre en opposition aux tonalités hésitantes, parfois industrielles ou sérielles, souvent électriques ou électroniques, des musiciens allemands à l’origine de ce genre développé dans des communautés à l’ouverture d’esprit inversement proportionnelle à la complaisance du climat, de Düsseldorf ou Essen. Avec dans les oreilles les musiques des Californiens de Moon Duo et dans les yeux les concerts des Japonais d’Acid Mothers Temple, Stephen Bailey (chant, orgue et flûte), Derrick Treatch (guitare), Glenn Palmer (guitare, synthétiseur), Thomas Cahill (batterie) et Brendan Shanley (basse) privilégient une écriture collective: un riff, une idée, que les musiciens développent ensemble lors de jams prolongées et qui se transforment au fur et à mesure des répétitions par les apports de chacun. La veine est motorique («Tassels»), onirique («Two Minds»), psyché («Peregrination», «Deluge») ou simplement aimable («Dawn»).
Auguste
https://fuzzclub.bandcamp.com/album/centre

https://www.youtube.com/watch?v=m9rIB64bapw&ab_channel=FuzzClub

16/08/2021

How far to hitchin
Black Bead Eye
AOR (rock progressif) – 53:50 – Angleterre ‘20
Voici la deuxième production de How Far to Hitchin, dénomination qui cache le projet d’un homme seul, Paul Dews. Sa première réalisation, «Easy Targets», datant de 2016, m’était parvenue par l’intermédiaire d’un ami, animateur de l’émission «The Musical Box» sur la radio associative «Libellule». Cette nouvelle livraison n’a pas à pâlir en comparaison: tout ce qui en faisait le charme se retrouve présent ici, à savoir la diversité, l’esprit d’aventures… Cette plaque n’est pas à proprement parler du rock progressif, mais elle peut concurrencer les œuvres de grands groupes des glorieuses seventies, car elle ne se limite pas à cet aspect de la musique et voyage entre différents courants; c’est la raison pour laquelle je la situe, d’une certaine manière, dans la mouvance Adult Oriented Rock, bien que cette étiquette soit réductrice. «Queen of Malice» ouvre cette œuvre emphatiquement et poursuit avec des réminiscences à des groupes comme Yes, par exemple. Cette pièce est bien du pur progressif d’excellente facture. Une jolie ballade soutenue par des claviers progressifs, c’est «Desensitised» qui entre en jeu. «Instant Gratification» s’ouvre à des influences plus modernes, bien que planantes. Pour «Woman Screaming at Trees», notre ami Paul se fait aider, en ce qui concerne la voix féminine, par Emma Gee (je dis bien voix car ce morceau est plus parlé que chanté). Une solide connaissance de l’anglais est d’ailleurs utile pour décoder ce long poème de plus de neuf minutes, un bel exercice piano/voix néanmoins soutenu par d’autres instruments sur les quelques derniers instants. Quelques notes de piano introduisent «Compression», ritournelle des plus plaisantes. Retour à des influences progressives (et même proches du Genesis de «Wind and Wuthering» pour «The Crow»). Tiens, du funky sautillant, du moins c’est ainsi que débute «Bumsurfing» pour se poursuivre dans un mode plus popisant. Voilà, nous allons quitter Paul sur la plage la plus courte, «Giraffe» où son chant fait merveille. Que voici un artiste dont je vous conseille fortement la découverte: vous ne serez déçus en aucune manière.
Tibère
Album non disponible sur Bandcamp.

https://www.youtube.com/watch?v=x2OtmI-Rsv0&ab_channel=piddle

17/08/2021

Beautiful Bedlam
Beautiful Bedlam
rock progressif – 56:22 – Australie ‘21
Quelque chose de beau qui n’existe pas, ou pas encore, c’est le désir secret de l'aficionado, l’os qui fait creuser l’amateur, un graal susceptible de voir l’audiophile retirer toutes les épées de tous les rochers pour initier hardiment son impossible quête. Mais, grand malheur, plus on découvre et plus on se lasse, plus on explore et plus notre émerveillement devient conditionnel. Aussitôt affluent les réponses que d’autres questions les balaient d’un revers d’esprit jamais rassasié.
Il est donc grand l’album capable d’à nouveau nous surprendre!
«Beautiful Bedlam», dont l’espiègle finesse n’a d’égale que le délicieux fracas de ses incroyables riffs, dont la complexité n’a de pair que les eaux limpides des atmosphères qui l’entourent, dont le bruit psalmodique n’efface point la subtile mélodie qui s’ensuit… Beautiful Bedlam l’a fait!
Énormes les oreilles du koala qui absorbèrent un siècle musical pour venir, avec ses petits doigts qui fleurent bon la Valda, rafraîchir le prog qu’on aime, le renouveler. D’ailleurs, énoncer par le menu l’audace ainsi que les surprises qui vous guettent serait un triste divulgâchis. Aussi n’en dirai-je davantage.
Trouver du génie, c’est quand on croit tout reconnaître alors qu’on ne connaît rien. Nombreuses seront les références qui vous remueront l’caillou lorsque vous boirez l’eau trouble dégoulinant de cette chimère australienne. Quoi qu’il en soit, je réaffirme l’ensemble du bien pensé à l’absorption de cet UFO qui, nuance concédée, s'essouffle un tantinet sur la fin malgré d’ultimes trouvailles.
Néron
https://beautifulbedlam.bandcamp.com/releases

https://www.youtube.com/watch?v=kyXZJlD1aXM&ab_channel=BeautifulBedlam

18/08/2021

John Holden
Circles in Time
néo-prog – 51:16 – UK ‘21
John Holden (John Holden Music) est ce multi-instrumentiste, compositeur et producteur anglais qui crée des sons progressifs pastoraux typés; il arrive à faire venir du beau monde pour un condensé rock, folk, jazz, hard, flamenco et classique, et est accompagné ici par Vikram Shankar aux claviers. Des histoires de meurtre, de folie et une sur l’Égypte pour voyager dans l’univers Charisma ou celui de Lewis Caroll. Un son unique qui va vous faire dresser l’oreille (du lapin).
«Avalanche» attaque dur avec un riff à la lisière du hard qui dépote grave; la voix mystérieuse de Jean Pageau accouplée aux fûts de Nick mettent du peps; la partie instrumentale harmonieuse me rappelle les plus beaux moments d’Asia ou Yes des 80’s. «High Line» part sur un titre jazzy, ambiance Supertramp pour le sax; du Steely Dan aussi d’un côté; c’est Pete Jones qui chante bien ici sur un nuage de coton; le violon de Frank des Iona amplifie ce titre intimiste et chaleureux et fait le bœuf avec le sax au final. «The Secret of Chapel Field» pour une baffe irlandaise avec violon, comptine qui sort des sentiers; Sally des Lords of Dance et Celestial Fire plutôt que pour le nom de son père se met en duel avec Marc Atkinson des Nine Stones Close et autres Riversea pour arrêter le temps; violon spleen sur une histoire triste d’amour perdu, sublime. «Dreams of Cadiz» pour un instrumental au piano amenant doucement la guitare andalouse, le flamenco genre «patte à modeler» sur le solo d’Innuendo’ en fond; une digression où l’arpège est roi, où les jambes bougent d’elles-mêmes; un peu de synthé pour remplir l’espace et une perle musicale vient de passer. «Circles» pour une ballade narrant les circonvolutions maladives; Robin des Cosmograf et Big Big Train accompagne Sally sur un air progressiste, latent crescendo évolutif plus compliqué qu’il n’y paraît; titre qui t’envoie en dehors du temps.
«KV62» pour la baffe concept sur la découverte de Toutankhamon, ambiance orientale sombre et mystique en 7 tableaux: chant thébain de Jeremy Irons, percussions, chœurs, tout y est pour signifier la Mort; break New Orleans avec That Joe Payne et sa voix divine censée parler de l’âme réincarnée dans une barge solaire; découverte de la tombe avec un son afro bien rythmé limite grandiloquent, orchestral et flamboyant; latence progressive évidente et bien emmenée. Ça monte de façon divine sur l’ajout de Peter, sur des instruments qui s’assemblent sans penser, on est bluffé, on régresse jusqu’aux pièces dantesques des dinosaures en leur temps; mélodie outre-Atlantique de rappel finale qui laisse dubitatif, l’extase est à ce prix.
Un album magnifique qui transcende le style, le genre, le mouvement prog; il y a du The Enid, du Alan Parsons, du Yes, du John Holden sûrement de grande qualité; album fantastique qui remet les pendules prog à l’heure rien que pour le titre KV62. En CD, digital ou vinyle bien fourni, vous avez le choix.
Brutus
johnholden.bandcamp.com/album/circles-in-time

https://www.youtube.com/watch?v=JhyXvdP3xho&ab_channel=JohnHolden

19/08/2021

Be Cause
Light and Darkness
pop-rock progressif intimiste – 87:04 – Italie/Angleterre ‘21
Voici le 3e volet de la série «Inner Quest» de Federico Milanesi (c'est lui Be Cause). Brutus avait, il y a peu, déjà chroniqué son précédent album «New Knights»: https://www.facebook.com/progcensor/posts/821921071745444.
La belle voix de Federico reste très typée Peter Gabriel et sert des textes pertinents et sensibles, très présents tout au long de l'album, sauf sur le très beau «Renaissance», instrumental autour d'un piano classique. Côté musique, c'est dans l'esprit des albums solo du Gab, autrement dit, c'est du solide. Et comme avec le Gab la qualité sonore est au rendez-vous, ce qui n'est pas anormal quand on sait que Federico dirige un studio d'enregistrement londonien. Outre les instruments classiques, des instruments du monde interviennent par petites touches. À l'inverse, le jazzy de «In the Moon» est bien plus simple dans sa réalisation, mais est tout aussi efficace. Dans «The lovers» un très beau slow avec une basse tellurique; j'aurais aimé, comme dans quelques autres pistes, plus d'envolées instrumentales, mais elles sont limitées par l'importance que les textes prennent dans ce concept album de près d'une heure et demie pour 18 chansons. Mais on ne peut, peut-être, pas tout avoir! Car comment résister à «Lullaby» où il susurre ces vers lumineux: «Maybe a million words won’t teach you sometimes, what the silence does in just a while, but now… Hush!»? Un million de mots vous apprendront peut être moins que le silence ne le fera en un instant.
Est-ce qu'après un morceau de Be Cause, le silence est aussi du Be Cause? Faites-vous votre opinion! Chut!
Cicero 3.14
https://be-cause.bandcamp.com/album/light-and-darkness

20/08/2021

Less is Lessie
The Escape Plan
rock progressif –72:58 – Pologne ‘21
Premier album pour les Polonais de Less is Lessie avec «The Escape Plan». Idée originale de ce groupe car l'album concept correspond à une promenade à travers les rues animées du quartier Nadodrze à Wroclaw. Cette ville variée et très intéressante fournit le cadre d'une intrigue musicale passionnante. À l'aide d'une carte dans le livret, l'auditeur peut comprendre le déroulement du parcours et est ainsi complètement dans l'action. Entre les grandes pièces il y a de courts intermèdes décrits avec les noms de rues individuelles dans Nadodrze. Ils nous expliquent: «Un titre de notre musique raconte toujours une histoire différente et chaque passage est un voyage à travers divers endroits que nous créons ou recréons au sein de ces histoires. Nous créons la musique, des chansons et ajoutons des enregistrements ambiants à partir de lieux réels. Cela renforce également le sentiment d'un voyage musical, que nous cherchons à créer.» Musicalement Less is lessie nous présente un prog moderne et varié. Sans connaître cette ville nous avons réellement l'impression de partir en voyage, nous planons au dessus de ces quartiers et en respirons l'ambiance, les passages de violons et de claviers nous aident grandement au voyage. En cela l'album est déjà réussi. Les rythmes sont très variés et malgré la longueur de l'album l'ennui ne se présente pas. Comme influences principales on ressent Steven Wilson, Archive, Pink Floyd. Le mixage et la production de l'album sont parfaits! Je vous invite à découvrir cette curiosité qui va contenter beaucoup d'entre vous...
Vespasien
https://lessislessie.bandcamp.com/

https://www.youtube.com/watch?v=O3SMUr82cIM&ab_channel=lessislessie

20/08/2021 - EP

Plant My Bones
Stage 1.0
heavy-rock mélodique/prog – 20:03 – Finlande ‘21
Nouvelle formation finlandaise constituée de la chanteuse/claviériste/bassiste Jenna Kosunen, du guitariste Elias Ruuska et du batteur Konsta Ruuska. Ce trio propose, en quelque sorte, de combiner l’ancien et le moderne via une musique progressive actuelle essentiellement articulée autour d’un heavy fait de riffs incisifs, d’une section rythmique tonitruante et d’un chant omnipotent, que je qualifierais d’envahissant. Cinq titres courts et trop calibrés sur le même moule, et qui parfois renvoient, comme sur «Back On The Clouds» au Rush des débuts, mais l’essentiel lorgne vers le heavy-metal, comme sur «The Scheme», dans lequel l’habillage moderne recouvre une style puisé dans les 80’s. Mélange assez convaincant, prometteur même, mais qui manque sans doute encore de nuance, d’une diversité plus prégnante. Le ton est néanmoins donné, et c’est encourageant!
Centurion
https://plantmybones.bandcamp.com/album/stage-10

https://www.youtube.com/watch?v=hthw0niHtLw&ab_channel=InverseRecordsFIN

21/08/2021

Les Duponts Electriques
Les Duponts électriques
pop – 30:36 – France ‘21
Il ne sera guère question de progressif ici. En effet, Eric Casero (guitare, chant) et Daniel Collet (basse, chœurs), les instigateurs de ce projet, assistés d’Eric Volpatti (batterie) et de plusieurs chanteurs annexes, nous offrent un album de pop hédoniste que je rapprocherai volontiers de ce que font, chez nous, Miam Monster Miam ou Jacques Duvall. Toutes les chansons se déclinent en français, parsemées de phrases que je ne peux m’empêcher de trouver hilarantes (les disques se mangent comme des frites «Chez les Duponts»). Je ne vais pas toutes les reproduire dans cette chronique, mais je vous invite à parcourir des titres comme «Colère», «Roule bébé roule», «Underground» ou «Ma bombe atomique».
Si, de temps en temps, il vous prend l’envie d’écouter des musiques sans aucune prise de tête, je vous invite à jeter une oreille sur les productions de ce groupe: Les Duponts électriques. En effet, si leur musique n’a aucune mesure avec notre microcosme, elle est superbement réalisée et l’on s’en délecte sans aucune gêne!
Tibère
Album non disponible sur Bandcamp.

https://open.spotify.com/artist/5zUhyxky4BcXLpsQqdUcid?si=Q79b-uIqQdufUlgRLV4Oaw&dl_branch=1&nd=1

https://www.youtube.com/watch?v=7K5a1dDaips&ab_channel=Let%27sRock%21

22/08/2021

Marius Leirånes
Langtidsperspektiv
nu-prog/post prog – 32:25 – Norvège ’21
Je vous offre la traduction: «Perspective à long terme». À la frontière de l'EP et de l’album question durée, le tout démarre par un amusant rebondissement de balles de ping-pong. Marius est membre du band Pixie Ninja qui œuvre dans le même laboratoire tout en étant plus mordant («Colours out of Space», «Ultrasound»). Les constructions progressives sont ici bel et bien présentes, complétées de quelques bruitages et surtout d’immersions mélodiques voisines de l’e-music. Vagues de plus en plus marquées au fil des minutes et des plages. Les synthés teintent en effet le trip de séquences atmosphériques et d’un nappage cosmique constellé de notes incisives. Ces suites instrumentales nous transportent dans divers univers au gré de nuances subtiles, jouxtant des mondes parallèles inattendus tout en fragrances oniriques et parfois proches d’un envol symphonique. J’ai ainsi relevé ponctuellement quelques saveurs Novalis. Les thèmes envoûtants se muent parfois en sessions plus rythmées tout en conservant un leitmotiv hypnotique qui nous élèvent ad astra sed sin ardua. Comparé à Pixie Ninja, Marius crée ici une approche musicale nuancée et fait un plus grand usage de sonorités électroniques auxquelles il insuffle une chaleur harmonique tout en douceur veloutée. Sans atteindre la relative agressivité de Pixie Ninja, la rythmique ajoute cependant les vitamines nécessaires pour faire vibrer l’auditeur dans les mouvances astrales de ces partitions. Un merveilleux patchwork d’émotions et de rêve condensés. Pas totalement disponible sur Bandcamp et très avare pour l’aperçu également.
Clavius Reticulus
https://mariusleiraanes.bandcamp.com/releases

https://www.youtube.com/watch?v=k0F3te883OA&ab_channel=PixieNinja

23/08/2021

King Buffalo
The Burden of Restlessness
stoner/rock progressif – 40:26 – USA ‘21
Depuis leur arrivée en 2013 sur la planète musique, les King Buffalo n'ont pas chômé, oh que non! Un EP (démo) immédiatement sorti, un album («Orion») en 2016, un EP («Repeater») et un album («Longing to Be the Mountain») couplés en 2018, un EP («Dead Star») d’enfer en 2020 et, cette année, après la sortie d'un nouvel album dont il est ici question, deux autres sont annoncés avant le 31 décembre. Le band a «fièvrement» décidé de mettre à profit ce fléau qui paralyse l'industrie musicale depuis plus d'un an.
Cette récupération d'ondes négatives a fait éclater leur créativité. C'est une bonne leçon à recevoir et un message d'espoir pour ceux qui ont sombré malgré leur art.
«The Burden of Restlessness» est plus corrosif que les précédentes productions, plus chaviré, plus métal mais définitivement #prog.
Après avoir représenté la nature sur ses précédentes pochettes, King Buffalo a décidé de se confronter à l'humain, enfin... si on peut dire. L'EP «Dead Star» affichait un crâne sur cosmos, la vitrine de «The Burden of Restlessness» représente un crâne customisé duquel s'échappe une bouillie bouillante sanguinolente, comme si notre cerveau allait être piétiné par un surplus de résonance...
Les vocalises de Sean McVay sont de la même veine que ses solos de guitares. Ce n'est pas le «King», ni hurlant, ni flamboyant, mais solide, présent et parfaitement efficace.
La formule de cet opus repose d'entrée de jeu sur des thèmes minimalistes très vite relayés par un robuste troupeau de basse-synthé/batterie, dans l'ordre Dan Reynolds/Scott Donaldson.
Garde baissée, ce trio magique nous ramasse «progressivement», direction leur royaume.
«Burning» nous emmène sans cérémonie faire la balade, sur une idée simple: un thème de guitare qui sonne comme un jeu Atari avant de s'enflammer dans un sérieux orage de distorsion.
«Hebetation» est parfaite pour défendre les couleurs de l'album sur le réseau FM. Elle condense avec subtilité ses principales forces: un chant sur bonne fréquence, une rasade de guitare qui peut changer son fusil d'épaule à la demande, une équipe basse-synthé/batterie qui gagne à tous les coups.
«Grifter», jouée tout du long, à pas feutrés, comme un décompte, nous laisse en suspens sur les mêmes notes ponctuées de quelques artifices, intelligemment placées çà et là. C'est une réussite.
Les Kings Buffalo excellent particulièrement dans les longs formats, tant leurs chansons demandent de l'élan pour atteindre leur climax.
Numérique oblige? Les meilleures pièces de leur œuvre ne tiennent pas sur la face A d'un 45 tours. Aussi, je regrette que l'album ne se clôture pas, façon «the end», par un très long déploiement de sons, sorte de cortège compilant leur large palette musicale.
Tout de même, n'allons pas jusqu'à la mauvaise foi, «Loam», le morceau de clôture ne nous abandonne pas au bord du chemin, petit filou ayant tous les apparats d'une mélodie crépusculaire.
Le chapitrage de cet «au revoir» est parfaitement achalandé, «du grand Mendès», pour ceux qui comprennent l'allusion.
Les enchaînements sont poignants. Nous avons droit à plusieurs paliers de guitare.
En définitive, cet album semble jaillir d'une source intarissable d'inventivité. Tant mieux, il faut tenir encore deux rounds, garder les gangs les gars, «j'ai pas entendu la cloche».
Kaillus Gracchus
www.kingbuffalo.bandcamp.com

https://www.youtube.com/watch?v=OvC-4BixxkY&ab_channel=KingBuffalo-Topic

24/08/2021

Steve Howe
Homebrew 7
rock progressif – 49:40 – UK ‘21
Je ne présenterai pas Steve Howe! Mais j'ai été surpris, peut-être comme vous, de constater que c'était son 26e album personnel depuis le bien nommé «Beginnings»... en 1975, au crépuscule du prog vintage. C'est aussi le 7e de la série «brassé à la maison». Cet album possède un magnifique livret ou Steve explique chaque morceau et agrémente le tout de photos de sa campagne; l'ensemble du design est bien sûr signé Roger Dean. La belle piste 21 «Deanscape» sert d'ailleurs de bande-son au site du peintre majeur du prog.
21 titres de 1978 à 2016 en 49:40, nous sommes loin de «Tales...». 10 pistes font moins de 2 minutes, tel le morceau d'introduction, «The Glider» (1:39), un bijou joyeux. Vient ensuite «October» sonnant intermède Yes. Quelques chansons allongent les durées, telle la piste 3 «Half Way» (Phil Spalding à la basse), ou la piste 6 «Outstanding Deal». Mais pas toujours, 1:50 pour «From Another Day»: aviez-vous noté combien la voix de Charlie Winston est proche de celle de Steve? Steve utilise tout l'éventail de ses outils cordés habituels, loopés parfois, plus la basse et une fois le synthé pour le seul morceau parfaitement dispensable. Mentions aussi à «Cold Wind», soundscape puis chorus chaloupé, à l'entraînant «2 Sided», à la progression de «Strange Wayfarer» ou de «A matter of Fact», le math «Safe Haven».
Cet album permet parfois d'entendre, ici et là, à la batterie, Virgil (décédé en 2017) et Dylan Howe, ses fils, qui sont les seuls guests avec Phil Spalding (à la basse sur «Half Way»).
Ce kaléidoscope d'ambiances et d'époques permet une fois de plus de constater le talent de l'immense Steve Howe qui nous propose ici un bien bel album qui passe en un éclair... de génie!
Cicero 3.14

https://open.spotify.com/album/608Q3vbBh59c1hkabYHjm7?si=bGav1tsfRqmLDziIySpSGA&dl_branch=1&nd=1

25/08/2021

Lord Helmet
Get Back to the Ship
heavy prog sombre – 42:55 – USA ‘21
Lord Helmet c’est le batteur Adam Figura et le multi-instrumentiste et chanteur David Tomkins qui sortent ici leur 2e album sur des influences rock progressif contemporaines. King Crimson, Porcupine Tree et Bowie en toile de fond, du post-punk du début des années 80 et un côté alternatif, grunge des années 90: du heavy prog sale, sombre, éthéré.
«Phased Out»: ouverture rafale percus, son qui rappelle OSI, King Crimson torturé, du rock... distordu, atmosphère avec break hypnotique.
«Nothing to See»: rythme oppressant, glauque, basé sur une guitare rageuse et voix feutrée agrémentée d’un trip break prog martelant, rappelant de loin Rush.
«You Will Be Gone»: sur un accord groovy, ambiance stellaire, sons limite de la saturation rappelant les Monster Magnet pour un space rock stoner désinvoltant.
«Etched in Stone» sonne plus hit rock-pop, cold pop, néo wave, lancinant.
«Moth»: intro lourde et rythmique pesante, sur les Rogue Male des 80’s; la guitare cherche des sons lancinants aux Joy Division, aux Simple Minds pour les synthés psychédéliques. Le break sur les King Crimson époque «Thrak», retour avec le son de la meilleure période des Depeche Mode.
«These Eyes (I Don't Dare)»: air énergique, alternatif, son distordu et une voix électrifiée; la guitare donne un effet overloop strident avec sirène.
«Real to Me»: toujours sur ce climat grinçant, martelé de batterie présent et guitare spatiale; la rythmique sur Rogue Male.
«The Setting Sun»: pour 9 minutes sur un rythme pré Motörhead, voix rocailleuse et usée, riff lourd; on est pris ensuite dans l’hyper espace avec de l’ambiant groovy; la batterie en solo amplifie le son et renvoie dans un autre monde.
Lord Helmet sort une trame progressiste lourde qui tient en haleine. Le son semble sortir de votre corps branché sur du 380 volts; des rythmes effrénés et malsains, des claviers glacés et angoissants, tout est là pour vous étourdir, désorienter, marteler et vous vider de façon frénétique.
Brutus
lordhelmet.bandcamp.com/album/get-back-to-the-ship

https://www.youtube.com/channel/UCOBujF3ZIG3XlDAYbaxT3vQ

26/08/2021

Matelo Mantra
Architects Of Fantasy
musique (progressive) planante – 46:06 – Canada (Québec) ‘21
Derrière ce pseudonyme se cache un certain Mathieu Loiselle, jeune artiste québécois, qui, au gré de ses pérégrinations, a rassemblé une série de compositions pour constituer ce premier album «Architects Of Fantasy» qu’il a enregistré, mixé, produit, joué et composé seul. Si le premier titre «Blue Snow» est orienté vers un progressif à la Pink Floyd, le reste de l’album sillonne davantage un chemin balisé d’influences électroniques. Instrumentale, cette musique aux sonorités douces et claviéristiques diffuse des mélodies apaisantes; elle est parfois proche de l’univers d’anciens musiciens comme Kitaro, qui ne s’inscrivirent jamais complètement dans le mouvement e-music et pas totalement non plus dans celui de la new-age. Matelo Mantra, lui aussi, assis à la frontière des styles, s’en émancipe néanmoins par une instrumentation lorgnant un peu vers le chill-out et son concept de musique reposante au tempo tempéré et nanti, parfois, de sonorités dépaysantes et ethniques.
«Architects Of Fantasy» voyage donc doucement au fil de ses diverses inspirations, souvent new-age et e-music dans son ossature générale, mais parfois progressive de par quelques consonances caractéristiques («Bounds Of Time») et quelquefois légèrement néo-classique avec un piano qui rappelle un peu Wim Mertens («Illusions», «Moon Theater»).
Un album qui s’écoute certes distraitement, mais qui reste agréable et très apaisant. Une réussite!
Centurion
https://matelomantra.bandcamp.com/releases

https://www.youtube.com/watch?v=Nch5M2SLcxY&ab_channel=VariousArtists-Topic

27/08/2021

Antony Kalugin
Stellar Gardener
rock progressif – 55:15 – Ukraine ‘21
On ne présente plus Antony Kalugin, il est à l’origine des productions de Karfagen, Sunchild ou Hoggwash. Toutes ses réalisations sont le gage d’un travail de qualité qui ne vous procurera que du bonheur (musical). Ici, tout est construit de ses propres mains solitaires, hormis quelques vocaux additionnels du fait de la belle Olha Rostovska avec laquelle il a collaboré à de nombreuses reprises (Karfagen et Sunchild, encore).
Six plages constituent cet album, dont les deux premières dépassent largement les vingt minutes chacune.
«Stellar» ouvre donc les hostilités de manière stellaire (je sais, elle est facile, celle-là) et se poursuit de manière il est vrai emphatique, mais devant un tel niveau, on ne peut que se prosterner avec beaucoup d’humilité. «Gardener» s’annonce ensuite comme un hymne où les citations musicales sont légion. Rien à redire sur les quatre autres compositions, plus courtes, elles (de 2:06 à 4:38), qui nous valent de splendides envolées aussi bien à la guitare qu’aux claviers.
Ce travail d‘orfèvre mérite largement une attention soutenue ainsi que votre soutien intégral.
Tibère

https://antonykalugin.bandcamp.com/album/stellar-gardener-24-48-high-res

https://www.youtube.com/watch?v=Wgnpu1FJGzU&ab_channel=leedle

28/08/2021

Banausoi
Imagines
jazz expérimental / progressif – 42:58 – «Tchécoslovaquie» ’21
Si Tchéquie et Slovaquie, après une résolution sobre de leurs revendications identitaires, ont recouvré leur indépendance depuis le 31 décembre 1992, le trio, qui se revendique comme «musical think thank», tient de surcroît à son étiquette unioniste "tchécoslovaque", ainsi qu’à sa qualification d’artisans – Banausoi se réfère à cette étiquette, plutôt péjorative, donnée en Grèce antique à ceux (y compris les musiciens) dont le travail se fait par les mains. La musique de Petr Vrba (trompette, clarinette, électronique), Václav Šafka (batterie, percussions, objets) et Ondrej Zajac (guitare et voix) se révèle fascinante dès «Aeneas Tacticus», qui ouvre ce disque sur une atmosphère peu à peu densifiée et où trompette et batterie s’entortillent comme de vieux amants, d’abord à la recherche d’un peu de chaleur puis épatés par leurs propres ébats, dont ils n’espéraient plus une tournure aussi physique. On pense parfois à la musique de Jon Hassell (avec supplément de percussions), mais Vrba et sa trompette offrent aussi des incursions free («Gorgoneion»), alors que Zajac et sa guitare planent comme un Gilmour parcimonieux («Periegesis») et que Šafka et ses objets percussifs émettent des bruits normalement inaccessibles aux bruits («Stoa Poecile»). Et, en tout point, l’électronique magnifie les sonorités acoustiques, trace un chemin à la déviance, garde le beau de l’expérience («Dialogues Of The Dead»).
Auguste
https://13raw.bandcamp.com/album/imagines

https://www.youtube.com/watch?v=jVEHO4WeiZ8&ab_channel=Banausoi-Topic

29/08/2021

Astral Magic
Visions of Infinity
space rock/psyché – 42:55 – Finlande ‘21
Santtu Laakso, le bassiste du groupe finlandais de space rock psychédélique Dark Sun, formé en 1991, a lancé son nouveau projet durant la période sombre des confinements covidiens. Nous sommes en plein trip des maîtres du genre, Hawkwind, et ce dès la première plage. Mieux, on pense immédiatement à l’un de leurs meilleurs albums: «Warrior on the Edge of Time». Aux côtés de Santtu, nous retrouvons un capitaine de vaisseau en la personne de Scott Heller qui nous concocte un excellent mixage et ajoute à l’opus sa prestation de synthétiseurs sur «Wind of Time» dont le titre ne peut qu’évoquer lui aussi le faucon sidéral (mais le titre seulement). Ce n’est pas tout! Martin Weaver, leader et chanteur du groupe The Wicked Lady (1968-1972) apporte la touche indispensable de guitares tant acoustique qu’électrique en dentelle de finition. «Ancient Mysteries» évoque à coup sûr les ambiances du Pink Floyd psyché et spécifiquement pour l’intonation vocale. Improbable alchimie entre deux groupes très éloignés musicalement mais dont les colorations respectives jouxtées semblent créer une nouvelle galaxie mélodique. Un écho que l’on retrouve d’ailleurs dans la plage suivante avant une plongée plus électro-séquentielle louchant du côté de «It’s the Business of the Future to be dangerous» («Onboard the Spaceship»). Le plus fun des morceaux reste le très dansant «I was Abducted» qui ne manque pas d’humour vu son titre. L’échantillon le plus cool revient à «Winds of Time», presque une chansonnette pop rock, où Heller, je le disais plus haut, ajoute sa touche musicale en compagnie de Samuli Sailo pour une pincée de ukulélé (que je n’ai pu repérer, cela dit). Pour conclure, «Wizards» signe définitivement la griffe Hawkwind; les yeux fermés, on penserait cette fois s’être trompé d’album.
Clavius Reticulus
https://darksun.bandcamp.com/album/visions-of-infinity

https://www.youtube.com/watch?v=We0ffMUyVvo&ab_channel=odcienieartrocka

30/08/2021

Mona Lisa 2020
Vincent & Mona
rock progressif à la française – 47:53 – France ‘21
Après Taï Phong, voici un autre retour, celui de Mona Lisa! Coïncidence du calendrier ou effet Covid? L’ennui d’un confinement a-t-il donné (re)naissance à deux monstres sacrés «du prog» français? Savourons notre plaisir à sa juste mesure, il est évident qu’on ne retrouve pas le même plaisir qu’à la fin des années 70 où le rock naïf des Orléanais consumait de pair avec Ange une théâtralité bienvenue, elle-même issue du Genesis de Peter Gabriel. Ce Mona Lisa là a pris soin d’accoler le nombre 2020 à son patronyme pour bien signifier un renouveau qui n’a rien à voir avec celui de 1998, «De l’ombre à la lumière», avec Dominique Le Guennec accompagné de Versailles. Ici c’est un trio qui propulse le rêve éveillé: Francis Poulet (chant), Michel Grandet (claviers) et Mathieu Grandet qui s’occupe des guitares, basse et batterie à la fois! Deux anciens font respecter les fondamentaux et ce «Vincent & Mona» rappelle bien entendu le «Vers demain» de 1979, le seul album où Francis Poulet chantait, palliant le départ de D. Le Guennec. Le mimétisme évident entre les deux organes n’est pas sans rappeler la similitude entre ceux de Gabriel et Collins dans les mêmes conditions à l’époque! Les anciens fans ne seront donc pas dépaysés; de plus, les chansons sont restées dans le ton de l’époque, un bonheur pour les uns, un problème pour les autres. Mon amour inconditionnel pour cette école française progressive, partagée entre un chant déclamatoire et un «symphonisme» léger me rend partial dans l’exercice de la chronique. Je retrouve ici les breaks de claviers chers à Mona Lisa, ce chant qui décrit avec passion et ferveur, les démonstrations techniques n’ayant jamais été le fort du groupe, mais c’est aussi cet artisanat qu’on retrouve avec un plaisir d’enfant devant le sapin de Noël! Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, F. Poulet, l’âme de ce come-back, n’a pas dévié d’un iota du cahier des charges «monalisesque» en reprenant les choses en mains juste après 1979. Quarante-deux ans ont passé mais la magie surannée fait toujours son petit effet. Les «Photo de mariage», «Lulu», «Le bal des Nazes» et autre «Mauvais Clowns» sont du Mona Lisa comme on a aimé et c’est ça le plus important: retrouver les émois d’adolescence où un coin de notre âme les a laissés. Et pour bien faire, quand une légende renaît, elle s’associe à une autre... Musea, le label idéal pour une formation française, abrite ce retour impromptu et un CD imitant joliment un 33 tours (ultime clin d’œil). Alors, avant qu’il ne soit trop tard, ce retour vers demain, que dis-je, cette escapade se fera sans grimaces ni Mr. Grégoire!...
Commode
Album non disponible sur Bandcamp

31/08/2021

Cast
Vigesimus
rock progressif symphonique – 76:38 – Mexique ‘21
Cela fait maintenant 43 ans et près de 20 albums que le groupe Cast (CAST OFICIAL) existe. Je me souviens les avoir vus dans un concert mirifique au "Spirit of 66" de Verviers, le 25 octobre 2017. Leur nouvelle plaque dont il est question ici ne démérite en rien par rapport à leurs productions précédentes. Le groupe s’articule autour de Luis Alfonso Vidales (claviers et composition) et comprend Bobby Vidales (chant), Lupita Acuna (chant), Claudio Cordero (guitare), Roberto Izzo (violon), Carlos Humaran (basse) et Jose Antonio Bringes (batterie et percussions).
C’est avec «Ortni» que débutent les hostilités, déluge de claviers virevoltants croisant le fer avec le violon intense et les guitares épurées. Le piano d’entrée accompagnant le chant féminin de Lupita ne peut que ravir nos oreilles sur «Black Ashes and Black Boxes». Le propos semble se faire plus léger sur «The Unknown Wise Advise» malgré des parties plus sombres ou presque orientalisantes. «Another Light» apporte une note popisante à l’ensemble, suivi par un instrumental parfois jazzy, «Manley», malgré des accents anxiogènes. Le long «Crossing» nous emporte au-dessus de la masse par sa grâce impériale et ses mélodies inspirées ainsi que ses passages plus musclés. Majestueux, c’est ainsi que l’on peut qualifier l’instrumental «Contacto», composé de différents mouvements qui nous enchantent par leurs côtés épiques; c’est également la plus longue plage de l’album. C’est dans une ambiance de tango que se termine «Vigesimus» pour une longue pièce élaborée emplie de virtuosité.
Cette œuvre vous est spécialement destinée à vous qui êtes passionnés de progressif inventif et virtuose, ne la manquez surtout pas!
Tibère
https://castoficial.bandcamp.com/album/vigesimus-2021

https://www.youtube.com/watch?v=F_Hay5L5Oas&ab_channel=CASTMUSICMEXICO